JSD | PCH face à une accumulation de violences

Manifestation 29.10.2015

Plaine Commune Habitat organisait le 29 octobre un rassemblement devant la sous-préfecture après l’agression de son DRH à Franc-Moisin comme énième fait grave.

À Plaine Commune Habitat, on fait la liste des violences depuis la rentrée. Et elle est longue. Quelques exemples?

  • À Duclos, une voiture-bélier est utilisée pour détruire un mur. Le technicien et l’ouvrier dépêchés sur place sont menacés. Dans la même cité, le véhicule personnel d’un gardien est vandalisé.
  • À Neruda, les vitres de la loge volent en éclat et une intrusion est tentée.
  • À Stalingrad, le hall du 6, allée de la Sellerie est vandalisé à deux reprises fin août, et PCH apprend deux mois plus tard que les exactions étaient assorties de menaces sérieuses envers deux gardiens.
  • À La Courtille, le 30 septembre, le local des jeunes est la cible de vandales ; à la Saussaie, une loge est visée le 10 octobre et
  • à Cosmonautes le bâtiment 8 de la cité voit ses parties communes investies par un important trafic de drogue…
  • Et puis, il y a Franc-Moisin avec une multiplication d’agressions : une délégation de Hollandais en visite dans le quartier violemment prise à partie, des prestataires dépêchés par PCH pour faire des travaux agressés dans la semaine du 19 octobre ou encore, le 27 octobre, l’irruption de trois individus cagoulés et porteurs d’une bonbonne de gaz lacrymogène dans la loge du gardien.« Un jeune m’a fait tomber avec un balayage et m’a mis des coups de pieds et de poings »

Jeudi 29 octobre, PCH dans son ensemble (la direction, les syndicats CGT, UNSA, Sud, CFDT et les associations de locataires CNL et Afoc) s’est rassemblée « pour exprimer notre solidarité avec les collègues concernés, réaffirmer notre volonté absolue de ne jamais céder devant les délinquants et interpeller les services de l’État sur leur capacité à protéger les services publics de proximité intervenant au cœur des quartiers ».
Devant la sous-préfecture, parmi la grosse centaine de salariés et la dizaine d’élus de la majorité municipale présents, le Directeur des ressources humaines de PCH était là.
Trois jours plus tôt, il lui est arrivé ça : « Il était 11h30, on sortait d’une réunion à Franc-Moisin. On rejoignait notre voiture garée rue de Lorraine avec une collègue. Un jeune plus grand que moi est arrivé par derrière, m’a fait tomber avec un balayage, et m’a mis des coups de pieds et de poings. Je me suis relevé, j’ai crié, des gens se sont arrêtés et il a pris la fuite. » Bilan, trois jours d’ITT. Gilles Lahousse ne portait aucun uniforme distinctif « d’appartenance » au bailleur, la voiture non plus. L’agresseur ne lui a « pas dit un mot », pas plus qu’il n’a cherché à lui voler la sacoche qui lui a échappé.

Il appartiendra à la police d’élucider la motivation de cette agression… et c’est précisément sur le nombre de policiers présents sur le territoire de Saint-Denis que porte l’essentiel des revendications rappelées par Stéphane Peu. Pour le président de PCH « il n’est pas possible de continuer comme ça. Il faut que les envolées de François Hollande sur le thème aucun quartier n’échappe à la République cessent d’être un slogan ».
Une délégation reçue longuement par la sous-préfète a accouché d’une promesse de réunion avec le préfet et le directeur départemental de la police. À cette occasion, M. Peu fera remarquer à ses interlocuteurs que, plus d’un an après des faits graves intervenus aux Cosmonautes – on se souvient notamment de l’incendie volontaire de l’école, « il n’a été procédé à aucune interpellation alors que les auteurs sont identifiés ». Dans l’assistance, deux femmes ont le même sentiment :
« À Franc-Moisin aussi, tout le monde connaît le cerveau, mais personne ne fait rien. » Dominique Sanchez

Source : Le JSD