Le Parisien |Saint-Denis : deux mois après l’assaut du Raid, les sinistrés toujours traumatisés.

17.01.2016

Ils ont vu la mort et depuis, leurs nuits ne sont plus que cauchemars. Le 18 novembre 2015, les habitants de l’immeuble situé à l’angle de la rue du Corbillon et de la rue de la République, à Saint-Denis, ont été réveillés en sursaut à 4h17 du matin par un assourdissant bruit de rafales : les policiers du Raid venaient de lancer l’assaut contre leur bâtiment, où s’étaient réfugiés la veille au soir deux des terroristes du 13 novembre, Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh (qui vient tout juste d’être identifié) ainsi qu’Hasna Ait Boulahcen, la cousine d’Abaaoud.

Face à l’urgence de la situation, la ville a également sollicité le conseil départemental. Elle réclame le renforcement du pôle social de la commune et des services de PMI (Protection maternelle et infantile), débordés depuis les attentats, ainsi qu’une mobilisation du fonds solidarité logement (FSL), géré par le conseil départemental. « Nous allons évaluer avec la ville les besoins lors du prochain comité de pilotage », indique Stéphane Troussel (PS), le président du conseil départemental, qui entend demander « une aide exceptionnelle de l’Etat pour abonder le FSL ». Pour qu’« on ne les oublie pas », les sinistrés de la rue du Corbillon qui se sont constitués en association avec le soutien de Droit au logement (Dal), appellent à une manifestation solidaire ce lundi soir, à Saint-Denis, depuis la rue du Corbillon jusqu’à la sous-préfecture. Ils seront reçus mardi en Préfecture, à Bobigny, pour la première fois depuis l’assaut.

Retrouvez les témoignages de Thierry Beaubet, chef de la cellule psychologique d’urgence et de Chafia, parent d’élèves de l’école Jules Guesde.