La ville au chevet des copropriétés dégradées (Le JSD)

PNRQAD : C’est sous le signe de la lutte contre l’insalubrité que Stéphane Peu, maire adjoint, et Sabine Loubet, directrice de l’habitat, ont placé leur intervention le 19 avril lors d’une réunion du collectif Copros Libres.

« Vous avez évoqué la lutte contre les marchands de sommeil et les syndics malveillants. Ici, c’est notre sujet de bataille. » Mais comme l’a soulevé ce membre de Copros Libres, collectif dionysien des Conseils syndicaux et syndics bénévoles, il ne suffit pas de les avoir dans le collimateur pour les mettre hors d’état de nuire. Une réalité aussi « source de frustration » pour la Ville, qui en plus « d’appuyer juridiquement les copropriétés »,travaille sur la mise en œuvre de procédures « réellement dissuasives ».

C’est d’ailleurs l’un des objectifs affichés du programme de renouvellement urbain, que Sabine Loubet, directrice de l’unité territoriale habitat, et Stéphane Peu, maire adjoint à l’urbanisme, sont venus présenter le 19 avril lors d’une réunion organisée par le collectif. L’occasion de discuter des tenants et aboutissants de la lutte contre l’insalubrité à Saint-Denis et de préciser les champs des actions municipales engagées et envisagées pour y remédier.

copropriètés dégradées - JSD

Une nouvelle convention envisagée

En 2011, comme une vingtaine d’autres, Saint-Denis était sélectionnée parmi quelque 140 candidatures pour signer avec l’État un premier plan de résorption de l’habitat insalubre. Prévu sur cinq ans, ce Programme national de requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD) arrive à son terme fin 2016. Avec 23 millions d’euros de travaux votés dans le cadre de l’Opération programmée d’amélioration de l’habitat (OPAH), Saint-Denis peut se féliciter « d’avoir le taux de réalisation des objectifs le plus avancé », souligne Stéphane Peu.

C’est donc « major de sa promo » qu’elle sollicite « la signature d’une nouvelle convention pour 2017-2022 »pour poursuivre une action à la fois incitative « avec un accompagnement technique et financier des copropriétés dans la réalisation des travaux » et coercitive, quand il s’agit de propriétaires de mauvaise foi « ne répondant pas aux injonctions en matière de salubrité » et des mesures d’appropriation publique « quand le niveau de dégradation des immeubles est tel qu’il n’y a plus les ressorts à l’intérieur pour les remettre en état ».

Si, dans la première phase, le programme ciblait les entrées Nord et Sud (Porte de Paris et Gare/Brise-Échalas), là il est question de relier ces deux secteurs par le centre-ville, via l’axe Péri/République. « Ce programme va-t-il concerner d’autres quartiers, comme Pleyel? », se renseigne lors des échanges l’un des trente copropriétaires présents. « La Ville peut accompagner partout, mais ce ne seront pas des aides de la même nature que dans le cadre du plan que l’on négocie avec l’État. » Comme le soutient Stéphane Peu, un saupoudrage des opérations n’aurait pas le même impact ni la même efficacité.

« Si on prend la Porte de Paris, la rue Delaune, Viollet-le-Duc ou encore Brise-Échalas, aujourd’hui on voit clairement les effets des interventions parce que l’on a choisi de concentrer nos efforts. » Et le maire adjoint d’argumenter la logique d’une focalisation sur le centre historique : « À Pleyel, avec la future gare du Grand Paris et peut-être le village Olympique, on a des éléments d’aménagements qui concourent à la valorisation du quartier. Sur le centre-ville, il n’y a pas d’opération de ce type. On est sur du tissu urbain constitué et on est obligé de travailler immeuble par immeuble, parcelle par parcelle, sinon, il ne se fera rien. »

 Linda Maziz

Source: Le Journal de Saint-Denis