Stéphane Peu en mode éducation populaire (Le JSD)

En invitant l’ancien leader de la CGT Bernard Thibault à présenter son livre La troisième guerre mondiale est sociale, le candidat de La gauche debout ! entame un cycle de conférences-débat.

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Lors de sa déclaration de candidature en avril dernier, Stéphane Peu avait prévenu. Il se lançait tôt dans la campagne électorale pour se laisser le temps d’élaborer un programme avec les Dionysiens. Les huit ateliers thématiques qui se réunissent à leur rythme constituent les fondations de cette ambition, et les débats publics organisés la vitrine pour la populariser. Lundi 10 octobre, la grande salle de la bourse du travail dans laquelle plus de deux cents personnes avaient pris place ressemblait ainsi davantage à une conférence d’éducation populaire qu’à un meeting-débat coutumier du monde politique. Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT, de 1999 à 2013, qui siège désormais au conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail y présentait son livre La troisième guerre mondiale est sociale. Un titre choc pour une réalité qui choque tout autant quand l’ancien cheminot accumule des données chiffrées. « La première cause de mortalité dans le monde, c’est le travail, pas les guerres. 2,3 millions de personnes meurent chaque année d’accidents du travail ou de maladies professionnelles », explique M. Thibault qui précise que ces données officielles ne tiennent évidemment pas compte du travail non déclaré alors que « un travailleur sur deux dans le monde n’a pas de contrat, que la proportion augmente, et que 21 millions ont un statut d’esclaves ».

Règles du commerce et droits sociaux

Tout au long des deux heures de conversation, d’abord avec une journaliste de l’Humanité, puis avec la salle, le syndicaliste déroule son sujet en tissant le parallèle entre, d’un côté, l’encadrement strict des règles du commerce et de la finance et, de l’autre, celles des droits sociaux sans cesse tordues et contournées. « Le FMI se permet par exemple de demander au gouvernement grec d’enfreindre son code du travail en échange de prêts. Les retraités de ce pays viennent ainsi de connaître, à huit reprises, une diminution de leur pension. » Mettant en avant une approche planétaire des problèmes, à rebours des penseurs nationaux, Bernard Thibaut a ce cri du cœur : « Les mêmes qui vantent le commerce mondial disent que, pour le droit social, il faut voir pays par pays, en résonance avec les nationalistes. » Très applaudi, l’ancien leader du mouvement social de 1995 s’excuse d’être bavard, avant de repartir vers « son grand sud » de Paris en moto, content d’avoir été choisi « par Stéphane pour ouvrir ce cycle de rencontres ». La prochaine, encore sans date, traitera finances et évasion fiscale autour du livre des frères Bocquet Sans domicile fisc.

Source : Le Journal de Saint-Denis