Saint-Denis : dans la cité minée par le trafic, les gardiens seront plus visibles [Le Parisien]

Les locataires restent. C’est le trafic qui doit partir ! » La punchline est signée Stéphane Peu, maire-adjoint (PCF) de Saint-Denis et président de l’Office public Plaine-Commune Habitat, qui inaugurait ce week-end la nouvelle loge des gardiens de la cité Pablo-Néruda — un quartier gangrené par le trafic de drogue. Une initiative qui veut montrer que l’OPH s’engage à « maintenir un service de qualité aux locataires, en dépit d’un contexte particulièrement difficile », explique l’élu. Fin août, deux enfants étaient touchés par des balles perdues, tandis que deux mois plus tôt, 50 kg de cannabis étaient découverts par la police.

« Nous sommes des agents de proximité »

« La précédente loge était sous un porche, difficilement visible et moins accessible. Désormais, nous sommes à l’entrée de la cité, dans un local plus grand, plus propre », résume Sylvie, gardienne depuis quatre ans dans le quartier. Son rôle est essentiel : « Faire le ménage dans les parties communes, mais surtout, régler les soucis quotidiens des locataires : fuites d’eau, ampoule grillée… ou bien discuter avec ceux qui sont un peu seuls ! » Manu, son collègue embauché il y a six mois, confirme : « Nous sommes des agents de proximité, le premier interlocuteur entre le bailleur et les gens. »

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Comme beaucoup d’habitants, les deux gardiens regrettent de voir leur cité réduite à l’image d’une plaque tournante de la drogue : « Je ne me sens pas en danger. Et c’est un quartier où il y a de la vie, de belles initiatives », assure Sylvie. Julien Colas, maire-adjoint, confirme que la ville cherche des solutions : « Cette année, la fête du sport se tient à Pablo-Neruda, c’est un choix délibéré. Par ailleurs, nous venons de mettre en place un médiateur social dans le quartier. Et il y aura bientôt une annexe de la régie de quartier… On essaie de se réapproprier le terrain. » De son côté, Stéphane Peu indique qu’une réunion sur les difficultés de ce quartier est prévue avec le préfet de police d’ici quelques semaines.

Mais certains habitants n’en peuvent plus. Comme Eugénie, 79 ans, qui habite la cité Pablo-Néruda depuis 20 ans. « On m’a fracturé ma voiture quatre fois, alors l’assurance ne veut plus de nous. Récemment, j’ai été cambriolée, ils ont tout pris, sauf le canapé ! Ici, ce sont les dealeurs qui font la loi… » Même son de cloche chez Marie*, venue dire à Stéphane Peu, lors de l’inauguration, qu’elle s’apprête à « quitter la ville ». « C’est plus une vie ! Cela fait 38 ans que je vis ici, j’en ai assez. Ma famille et mes amis ne viennent plus me voir. »

Source : Le Parisien

Mobilisation contre le CDG Express

Ce matin j’étais présent en gare du Blanc-Mesnil au côté de mon camarde Didier Le Reste, et du collectif d’élus, de représentants associatifs et syndicaux et de citoyens engagés contre le projet de CDG Express.
Le CDG Express est un projet de liaison ferrée entre Paris-Est et l’aéroport de Roissy. Ce projet est écologiquement, économiquement et socialement irresponsable.

C’est un projet:

hors de prix : 24 euros l’aller simple
bruyant : augmentation des nuisances sonores et environnementales
nuisible : dégradation du trafic sur les lignes B et K.

Un bon accueil a été réservé à cette initiative en attestent les nombreux messages de soutien que nous avons reçus de la part de citoyens/usagers.

L’objectif est de faire prendre conscience au plus grand nombre de l’inutilité de ce projet réservé à une population aisée qui va impacter négativement leurs conditions de transports au quotidien.

Ensemble, mobilisons-nous contre le CDG Express et pour l’amélioration des transports en commun pour tous !

Téléchargez le tract explicatif.

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Saint-Denis« Ce n’est pas normal d’aller au lycée dans la peur ! » – LE PARISIEN

La vidéo de l’agression a beaucoup circulé, sur les écrans de smartphones du lycée Suger, à Saint-Denis. On y voit, dans le hall d’entrée, le surveillant qui fait face, seul, aux coups portés en pleine figure, par deux adolescents. Il tente de les maîtriser. Un second surveillant surgit, pour l’épauler. Autour, une foule d’élèves observe la scène. Fin du premier round. Fin du film. La suite, racontent Naomie, Zineb, Thyphaine et Dalila, quatre élèves de seconde, c’est « le sang par terre » et « les cris ».

Manifestation - Lycée Suger

Le surveillant, sorti du lycée pour rattraper un jeune qui lui a pris son téléphone, a été passé à tabac. « Le nez cassé, des commotions partout, des fissures au crâne », énumère une enseignante. Naomie, présente au moment des faits, survenus le 5 septembre, a eu peur du mouvement de foule : « J’ai cru que j’allais me faire attaquer aussi ».

Depuis, les enseignants de Suger sont en grève, et exigent des surveillants supplémentaires. Les réponses de l’Education nationale (lire ci-dessous) ne leur ont pas semblé suffisantes jusqu’à présent. Ce lundi, quelques dizaines d’élèves ont pris le métro avec eux, pour aller crier, sous les fenêtres du ministère de l’Education nationale à Paris, qu’ils veulent « autant de surveillants qu’au lycée Louis-le-Grand », prestigieux établissement parisien.

« L’ambiance est tendue, toujours sur le fil »Plus de surveillants, pour quoi faire ? Certes, beaucoup décrivent des agressions et vols à l’extérieur du lycée. « Mais plus le temps passe, et plus la violence extérieure entre dans l’établissement de façon fracassante », note Fanny Martin, assistante sociale syndiquée à la CGT Educ’action. Le jour de son agression, le surveillant était seul à la grille d’entrée : « Il était nouveau, les élèves ne le connaissaient pas. » Pas facile de se faire obéir dans ces conditions.

Neuf surveillants (dont sept seulement affectés à des tâches de surveillance) suffisent-ils pour un lycée de 1 300 élèves ? « Non », rétorque Inès, élève de Terminale, qui évoque les « colliers arrachés », les portables volés, et ces barrières entourant l’établissement, « pas solides du tout »… « Il y a souvent des personnes de l’extérieur qui entrent, glisse la jeune Tremblaysienne. Ce n’est pas normal d’aller au lycée dans la peur. » « On sent qu’il manque du monde, ajoute Patricia, mère d’une élève de seconde. Il y a deux bâtiments à surveiller, c’est beaucoup. L’ambiance est tendue, toujours un peu sur le fil. » Et pourtant, glisse-t-elle, sa fille est « fière d’aller à Suger, là où a étudié son grand frère ».

Sonia, élève de Terminale, ne veut pas noircir le tableau : « C’est un bon lycée, il y a une ambiance familiale. On y tient, c’est pour ça qu’on est là. » A ses côtés, sa copine Elise, l’œil sérieux derrière ses lunettes, veut passer son bac dans de bonnes conditions. L’an dernier, elle a eu le poignet fêlé après s’être fait arracher son téléphone en sortant du lycée. Maureen et Joshua, étudiants en BTS production, ont aussi choisi Suger pour sa filière audiovisuelle réputée. « On vient de loin pour suivre cette formation, souligne Joshua. Ce qui gâche tout, c’est cette insécurité permanente ».

Retrouvez l’article sur Le Parisien

Fi au Figaro !

Tribune rédigée par L’Union sociale pour l’habitat

Selon un article du Figaro Immobilier du 28 juin 2016, se basant sur une étude de la Fondation Ifrap, les « logements sociaux seraient trop nombreux et mal utilisés ». Rétablissons la vérité et tâchons de permettre à chacun de se forger une idée la plus exacte possible de l’habitat social en France.

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Le Figaro s’offusque des 17 milliards d’euros dépensés chaque année en APL pour le logement social. Un chiffre totalement faux car il couvre l’ensemble des aides personnelles au logement. Et malhonnête puisque la répartition de ces 17 milliards n’est pas mentionnée. Car la majorité des aides bénéficie au secteur privé (61% contre 34% pour les locataires des bailleurs sociaux).

Les APL s’envoleraient « dans les mêmes proportions que la hausse des loyers à l’initiative des bailleurs sociaux ». Là encore, mensonge ! Est-il besoin de rappeler que les organismes Hlm respectent des obligations légales relatives aux hausses de loyers.

L’étude dévoilerait « un taux de vacance alarmant » ? La vacance toujours et encore !
Rappelons en passant qu’elle est bien supérieure dans le parc privé que dans le parc social. L’INSEE évalue à 2 millions le nombre de logements aujourd’hui vacants en France, pour l’essentiel privés. De plus, la vacance du parc social s’explique, pour l’essentiel, par des raisons structurelles. Il existe une vacance « frictionnelle », qui apparaît mécaniquement lorsque se libère un logement : or le turn over concerne plus de 400 000 logements sociaux par an, soit 10% du parc ! A cela s’ajoute la vacance liée aux opérations, lourdes, de réhabilitation que conduisent les organismes Hlm.

Cerise sur le gâteau : il y aurait trop de logements sociaux en France (17% du parc quand la moyenne européenne est à 8,6%) ! Et alors ? Fort heureusement même ! Dans un contexte marqué le plus souvent par la pénurie de l’offre par rapport aux besoins, par une fragilité croissante des locataires du parc social et des demandeurs, faut-il regretter de compter plus de parc social que nos voisins européens ? Rétablissons un soupçon de vérité : nous manquons de logements sociaux !
De plus, la construction de logements sociaux profite à l’économie toute entière par le volume d’investissements qu’elle génère. Ainsi les opérations de construction neuve et les gros travaux portés par les organismes Hlm représentent 16 milliards d’euros en 2015. Chaque année, la commande Hlm génère par ailleurs 140 000 emplois directs, non-délocalisables.

Cet article est un tissu de mensonges et d’approximations. Il s’inscrit très nettement dans une vision qui relève de « l’économisme », de la même façon qu’existe le scientisme construit sur des analyses partielles, à courte vue. C’est simpliste et facile. C’est le contraire d’une culture sociale, d’une culture historique. Le logement social correspond à un modèle de société auquel notre pays est attaché et auquel le modèle européen va peut-être commencer à s’intéresser… Son histoire et son modèle sont indissociables de l’évolution économique, politique et humaine du pays. Cet héritage de notre patrimoine républicain s’impose comme un élément majeur du pacte social d’aujourd’hui.

Le logement social ne coûte pas. Il apporte. Contrairement à ce qu’écrit Le Figaro, la France a la chance de disposer d’un important secteur du logement social. Un secteur qui fonctionne en dehors des circuits financiers internationaux et qui joue un rôle contra-cyclique en période de crise, avantage aujourd’hui bien précieux. Il repose sur un modèle de financement public peu coûteux pour le pays qui transforme une ressource à vue (le livret A) en prêts à très long terme.

Parce que les loyers en logements Hlm sont moins élevés, les ménages voient leur pouvoir d’achat augmenter, réservant la somme qu’ils injecteraient dans un loyer privé pour l’épargne ou leur consommation. L’économie réalisée par ménage est équivalent à une aide mensuelle de 261 euros. De quoi s’abonner aisément au Figaro !