Élection présidentielle 2017

Pour préparer la conférence nationale du PCF qui se tiendra le 5 novembre sur la préparation de l’élection présidentielle, les communistes sont invités à donner leurs avis sur plusieurs hypothèses concernant la candidature à l’élection présidentielle de 2017. C’est dans ce cadre que je vous fait part de ma réflexion.

Il est clair désormais que le social-libéralisme aura son candidat à l’élection présidentielle 2017, que ce soit par la voix de Manuel Valls ou celle de François Hollande.

Il n’y a rien d’étonnant, c’est le prolongement logique de la politique menée ces cinq dernières années par ce gouvernement qui n’a eu de cesse d’appliquer des politiques néolibérales.

La droite qui se radicalise et l’extrême droite se délectent du climat actuel et se sentent même pousser des ailes. Mais ne nous méprenons pas : comme par le passé et comme ce fut le cas ailleurs en Europe, la montée du FN est bien le résultat de l’application par un gouvernement se réclamant de la gauche d’une politique digne de la droite, trahissant ainsi les engagements pris devant les électeurs. C’est bien cette gauche de renoncement qui est responsable de l’absence d’alternative au néolibéralisme et du désenchantement de toute une frange de nos concitoyens, qui, faute d’espoir, se réfugient dans l’abstention, le rejet de la politique, ou pire se tournent vers le FN.

Dans ce contexte, comment imaginer battre l’extrême droite avec un candidat « commun » ayant soutenu les politiques portées par ce même gouvernement ? Au contraire, cela reviendrait à alimenter le refrain préféré de Marine Le Pen : « tous les mêmes ».

Je partage l’inquiétude exprimée par les amis-es autour de moi, plus largement par celles et ceux qui pensent que la gauche debout, celle qui peut porter l’alternative au libéralisme, ne soit pas assez combattive. Aujourd’hui, seul un changement de cap politique peut permettre de récréer un espoir à gauche. Il nous faut d’urgence construire un nouveau rassemblement politique des forces progressistes.

Pour les élections présidentielles, Jean-Luc Mélenchon occupe aujourd’hui cet espace politico-médiatique, dans la continuité de la belle campagne que nous avons menée avec lui en 2012. Et même si l’on peut déplorer le manque de concertation qui a mené à sa candidature pour 2017, cette réalité politique demeure.

J’ai été attentif à la convention nationale de la France insoumise qui s’est déroulée à Lille ; 90% des contenus évoqués sont issus de notre programme commun de 2012 « L’Humain d’abord ». Ce qui explique d’ailleurs que je m’y sois très largement retrouvé, même si certains points ne m’ont pas convaincus et que j’ai pu noter quelques manques. Mais cela n’a fait que renforcer ma conviction de rejoindre sans attendre ce processus et d’alimenter ce projet pour qu’il soit également force de proposition pour cette France populaire et métissée que je connais bien.

Que Jean-Luc Mélenchon soit notre candidat, et qu’enfin la discussion s’ouvre.

En cela, je suis cohérent avec la conception que j’ai proposée pour la législative à Saint-Denis : faire une campagne dans un cadre de construction collective, sans demander à quiconque un ralliement ou une soumission à un mouvement.

Se rassembler sur l’essentiel est possible. Et l’essentiel est de s’engager sur une rupture nette avec cette politique libérale. L’urgence est de remobiliser celles et ceux qui s’abstiennent, trop nombreux dans les entreprises et les quartiers populaires. L’urgence c’est de donner de la force à l’espérance et de vaincre le renoncement. C’est décisif pour les résistances et luttes futures.

Stéphane Peu, le 30 octobre 2016.

Débat | Seine-Saint-Denis : un « Molenbeek-sur-Seine » ?

Vous pouvez retrouver ci-dessous, l’intégralité du débat auquel j’ai participé à l’occasion de l’ Fête de l’Humanité, autour de Daniel MERMET avec Aurélien SOUCHEYRE et Rachid KHITMENE, signataires de l’appel « Notre fierté de vivre à Saint-Denis », et Sidi BENDJEDDOUR et Abdelmalik BEK, deux jeunes de Tremblay-en-France.

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En mémoire de Bernard Birsinger

2006-08-28-birsingerIl y a 10 ans, le maire de Bobigny et dirigeant du PCF – Parti Communiste Français, Bernard Birsinger décédait foudroyé par une crise cardiaque lors d’un débat sur le logement.
Nous étions à Bunus, un petit village au cœur du pays Basque, où se tient depuis plusieurs années les « Entretiens Inxauseta » sur le logement. Une initiative de l’association Supastera où se rencontrent les acteurs syndicaux, économiques et intellectuels investi sur le sujet.

En 2006, j’accompagnais Bernard à cette rencontre. Cet endroit d’habitude si bucolique et convivial a été, en un instant, frappé par l’effroi d’une mort subite, et la foule présente le témoin attéré… Des moments à jamais gravés dans la mémoire.

Aujourd’hui, j’interviendrai à Bunus pour exposer les propositions du PCF sur le logement dans la perspective des élections présidentielles et législatives de 2017  (voir programme http://www.entretiensinxauseta.fr/9.html).

Continuer le combat, contester le libéralisme – pourtant présenté comme une évidence derrière laquelle il faudrait se ranger alors qu’il a échoué sur toute la ligne-, bousculer le consensus avec nos propositions qui placent l’humain au dessus de toutes les considérations, évoquer Barcelone, Londres, Madrid où les luttes sur le logement ont initié les changements politiques lors des récentes élections…
Je pense que c’est ce que Bernard aurait souhaité; continuer le combat pour le droit au logement auquel il a tant donné.

Des « chartes promoteurs » pour défendre le droit à la ville

Quarante maires et élus locaux communistes ou Front de Gauche chargés du développement urbain au sein de la Métropole du Grand Paris, publient sur notre site une tribune pour défendre les chartes passées avec les promoteurs. Non obligatoires, ces accords, signés par les constructeurs, fixent des règles à respecter pour toute nouvelle opération de construction. Cela va de l’imposition de plafonds de prix, à la détermination d’un niveau de confort, des performances énergétiques, voire même le niveau de la qualité architecturale du bâtiment.  De telles initiatives sont reprises dans de nombreuses villes, mais elles ont été violemment attaquées avant l’été par la Fédération des Promoteurs immobiliers et le préfet d’Ile-de-France, qui les jugent « illégales » et estiment qu’elle vont freiner la construction en imposant de nouvelles normes aux acteurs de la construction. Les quarante élus leur répondent.city-736086_1280

 

 

 

CHARTES PROMOTEURS : C’EST LE DROIT À LA VILLE POUR TOUS QUE NOUS DÉFENDONS!

Logement public, logement social, logement en accession à la propriété, habitat coopératif… nous sommes élu-e-s de communes qui prennent largement leur part à l’effort de construction de logements pour contribuer à l’émergence d’une métropole solidaire. Mais construire ne suffit pas, il faut aussi savoir préserver l’avenir et donc imposer certains garde-fous là où, malheureusement, l’Etat semble avoir capitulé. C’est le sens des « chartes promoteurs » qui encadrent l’action des acteurs de l’immobilier sur nos territoires.

Etonnamment, cela semble déplaire : au mois de mai, la puissante Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) s’est fendue d’un réquisitoire à charge contre les villes qui imposent certaines prescriptions encadrant la construction immobilière. M. le Préfet de Région, peu après, a également désapprouvé ces chartes. Nous invitons le représentant de l’Etat à faire strictement appliquer la loi dans les villes où les maires refusent le logement social ou à nous aider à financer les logements et équipements publics que nous construisons, plutôt que de s’attaquer à ceux qui sont les plus mobilisés pour le droit au logement.

La FPI a raison sur un point : alors que l’on compte en Île-de-France 600 000 demandeurs de logement social et près d’un million de mal-logés, alors qu’un ménage sur cinq consacre plus de 40 % de ses revenus à se loger, alors que les prix affolants de l’immobilier contraignent de nombreuses familles à s’éloigner toujours plus loin de Paris… il devrait revenir au législateur d’encadrer le prix du foncier, la construction immobilière et sa gestion, tant ces derniers sont devenus déraisonnables, et par là même, excluants.

Nous, maires et élu-e-s chargé-e-s du développement urbain, refusons de laisser libre cours aux seules lois du marché et de la spéculation immobilière et foncière, car celles-ci condamnent des millions de personnes à d’inacceptables difficultés pour accéder à un logement digne et financièrement accessible et renforcent les inégalités territoriales. L’inaction de l’État et pire, sa complaisance vis-à-vis de ceux qui prônent une libéralisation totale du secteur, n’est pas acceptable. Nous le constatons tous les jours sur le terrain : les files de demandeurs de logement social qui ne cessent de s’allonger, les marchands de sommeil qui exploitent la misère humaine, la prégnance de l’habitat indigne, les sommes exorbitantes consacrées au logement au détriment de tout le reste, les heures de transport pour se rendre sur son lieu de travail…

Aussi, tel est l’objectif de ces chartes que nous assumons pleinement : garantir que les logements en construction dans nos territoires respectent des règles non seulement de qualité mais aussi d’accessibilité au plus grand nombre. Ces chartes sont un outil pour développer nos villes de façon équilibrée, sans céder aux sirènes du tout logement ; pour rendre obligatoire la concertation avec les habitants, garantie de projets élaborés démocratiquement ; pour contrer la spéculation foncière, en obligeant les promoteurs à pratiquer des prix maîtrisés ; pour permettre aux habitants de nos villes, notamment les jeunes, et aux salariés qui y travaillent d’y rester et d’y construire leur avenir ; pour s’assurer de l’ambition environnementale ou de la qualité intérieure des logements ; pour donner à la culture toute sa place dans la fabrication de la ville…

Alors que la métropole parisienne est l’une de celles où les loyers sont les plus chers d’Europe, que notre région Île-de-France est à la fois l’une des plus riches et l’une des plus inégalitaires, que les enjeux liés au changement climatique se concentrent en grande partie dans les grandes villes, notre action est légitime et juste !

Alors oui, sans doute nos chartes obligent-elles les promoteurs à rogner quelque peu sur leurs profits et les spéculateurs à rebrousser chemin. Mais elles permettent à nos villes de se développer tout en restant populaires et accessibles à tous. Et c’est bien là le sens de notre combat quotidien d’élu-e-s engagé-e-s pour le droit à la ville et le droit au logement pour tous.

Signataires

Max Staat, adjoint au maire d’Arcueil, chargé du développement et renouvellement urbain
Meriem Derkaoui, maire d’Aubervilliers
Sylvère Rozenberg, conseiller municipal d’Aubervilliers, délégué à l’urbanisme
Marie-Hélène Amiable, maire de Bagneux
Yasmine Boudjenah, 1ère adjointe à la maire de Bagneux, chargée de l’aménagement et du développement durables
Patrick Douet, maire de Bonneuil
Dominique Adenot, maire de Champigny
Christian Fautré, 1er adjoint au maire de Champigny, chargé de l’aménagement
Stéphanie Daumin, maire de Chevilly-Larue
Didier Guillaume, maire de Choisy-le-Roi
Patrice Diguet, 1er adjoint au maire de Choisy-le-Roi, chargé
Jean-Philippe Gautrais, maire de Fontenay-sous-Bois
Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers
Anne-Laure Perez, 1ère adjointe au maire de Gennevilliers, chargée de l’urbanisme et de l’aménagement
Patricia Tordjman, maire de Gentilly
Patrick Daudet, 1er adjoint à la maire de Gentilly, chargé de l’aménagement
Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine
Romain Marchand, 1er adjoint au maire d’Ivry-sur-Seine, chargé du développement urbain
Gilles Poux, maire de La Courneuve
Mélanie Davaux, conseillère municipale de La Courneuve, déléguée au droit des sols et au PLU
Jacqueline Belhomme, maire de Malakoff
Serge Cormier, 1er adjoint à la maire de Malakoff, chargé de l’aménagement
Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory
Marianne Margaté, adjointe à la maire de Mitry-Mory, chargée de l’aménagement
Patrice Bessac, maire de Montreuil
Gaylord Le Chequer, adjoint au maire de Montreuil, chargé de l’aménagement durable
Patrick Jarry, maire de Nanterre
Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris, chargé du logement
Jacques Baudrier, conseiller délégué à la maire de Paris, chargé de l’architecture et des grands projets de renouvellement urbain
Francis Combrouze, adjoint au maire de Paris XIIIe, chargé de l’urbanisme
Hélène Vicq, adjointe à la maire de Paris XXe, chargée de l’urbanisme
Patrick Braouezec, président de Plaine Commune
Didier Paillard, maire de Saint-Denis
Stéphane Peu, adjoint au maire de Saint-Denis, chargé de l’aménagement
Azzédine Taïbi, maire de Stains
Olivier Mathis, 1er adjoint au maire de Stains, chargé de l’urbanisme
Françoise Baud, maire de Valenton
Sylvie Altman, maire de Villeneuve-Saint-Georges
Jean-Claude Kennedy, maire de Vitry-sur-Seine
Michel Leprêtre, adjoint au maire de Vitry-sur-Seine, chargé de l’aménagement, président de l’EPT « Grand-Orly Val-de-Bièvre Seine-Amont »